En Suisse, sept personnes sur dix considèrent qu’avoir davantage d’espaces verts naturels dans les localités rend leur cadre de vie plus agréable. Voilà ce qui ressort d’un sondage représentatif, réalisé par l’institut de recherche gfs-zurich pour le compte de Pro Natura. Parmi la population urbaine, ce sont même 76 pour cent des personnes interrogées – dont une forte proportion de jeunes (entre 18 à 39 ans) – qui ont émis cet avis. On entend, par «espaces naturels», des zones plantées d’espèces indigènes et exemptes de pesticides. Autrement dit, les gens aimeraient voir davantage de prairies fleuries ainsi que d’habitats pour papillons et hérissons. Les trois quarts des sondé-e-s apprécient les parcelles non fauchées dans leur environnement; cette part atteint 80 pour cent en Suisse romande. Nul besoin donc de craindre le regard réprobateur de votre voisinage si vous décidez de laisser grandir vos prairies fleuries, glisseen substance Pro Natura dans son communiqué.
Comment les personnes interrogées entretiennent-elles
leur propre jardin? Parmi celles qui en possèdent un, 86 pour cent estiment s’en occuper de manière plutôt, voire très naturelle. Cette proportion descend à 55 pour cent pour les gens qui disposent d’un balcon. Une nette majorité (67 pour cent) des personnes interrogées pense que les espaces verts de leur environnement sont naturels. Des enquêtes comparables ont toutefois montré que cette impression pourrait pécher par optimisme, précise l’organisation de protection de la nature. Elle avait déjà énoncé ce constat dans le cadre du vote sur l’initiative pour la biodiversité en septembre 2024. Cette dernière visait à renforcer la biodiversité et, par conséquent, à réserver des surfaces suffisantes pour préserver la nature et le paysage. Elle a été rejetée par 63 pour cent des voix. L’analyse Vox qui a suivi révélait que la majorité de la population estimait que l’urgence du problème n’était pas prise assez au sérieux. L’orientation politique a fortement influencé le résultat du scrutin: alors que les sympathisant-e-s de la coalition rouge-verte ont majoritairement voté «oui», l’électorat de centre droit a préféré le «non». Seule une personne sur cinq a dit «oui» dans le Parti du Centre, et une sur deux chez les Verts libéraux.

