L’atelier de rembourrage et de sellerie Hoher, à Zurich, a vu le jour en 1868. Ursula Hoher représente la quatrième génération à le diriger. Visite d’un lieu au temps suspendu qui survit malgré tout.
Johan Leutwiler est maître-forgeron au Japon. Chaque jour, à coups de marteau, le Valaisan façonne des sabres traditionnels pour la beauté du geste.
À l’époque féodale, les maîtres forgerons étaient des milliers à travailler dans l’Empire du Soleil levant, mais l’interdiction du port du sabre en public édictée en 1876 ébranla la profession, qui fut ensuite prohibée après la Seconde Guerre mondiale sous l’occupation américaine. Aujourd’hui, ils sont environ deux cents dans le pays à battre le fer comme Johan Leutwiler. La fabrication d’un katana commence par la forge de la lame ; trois autres artisans travaillent sur le sabre, ce qui fait que le prix de l’objet fini est facilement doublé. La lame forgée part chez un polisseur qui la lisse à 80 pour cent, puis la fait suivre chez la personne chargée de fabriquer le habaki, la petite pièce en or qui permet l’assemblage du fourreau et du manche. Le sabre est alors confié au fabricant du fourreau. « Une fois l’ensemble terminé, la lame retourne chez le polisseur, puis chez le maître-forgeron, qui coordonne le tout. Comme les artisans habitent rarement à proximité, nous nous envoyons les pièces par un service postal privé », indique Johan Leutwiler.
L’atelier de rembourrage et de sellerie Hoher, à Zurich, a vu le jour en 1868. Ursula Hoher représente la quatrième génération à le diriger. Visite d’un lieu au temps suspendu qui survit malgré tout.
L’artisanat a-t-il un avenir en or? L’histoire de sa place sociale est en tout cas bien mouvementée. Petite sociologie du travail manuel.
Quelle part de savoir-faire se dissimule dans une chaussure ? Bien plus qu’on l’imagine, du moins lorsqu’il s’agit de confectionner une chaussure en cuir traditionnelle, et non une basket à la pointe de la technologie. Pourtant, les deux relèvent incontestablement du luxe.