Environnement et droit

De l'(in-)efficacité de la législation environnementale helvétique
à la volonté d'accorder la personnalité juridique à la nature.

Moneta #4-2020
Editorial

Une loi ne sert ...
que si l’on s’en sert

L’environnement naturel – air, eau, terre, flore, faune – est source de vie. Si nous (et surtout les générations futures) voulons avoir un avenir, nous devons la préserver au plus vite. Pour cela, il faut une législation qui protège effica­cement la nature et l’envi­ronnement. Qui ­permette de sanctionner toute pollution ou destruction d’écosystèmes. Qui garantisse que les pouvoirs publics autorisent à l’avenir uniquement la construction de ­bâtiments et d’installations industrielles et de transport respectueux de l’environnement. Et que ces mêmes pouvoirs publics posent des exigences en conséquence lors de leur rénovation.
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Que dire de la législation suisse en matière de protection de la nature et de l’environnement? Elle serait plutôt bonne, selon l’opinion communément admise. Hélas, ce n’est que ­partiellement vrai, ainsi qu’on le découvre dans les pages de ce numéro de moneta. Dans des domaines comme la lutte contre la pollution de l’eau ou la protection des marais, les bases juridiques existent, mais il est souvent difficile de les faire respecter. Que la respon­sabilité incombe à la Confédération, aux cantons ou aux ­communes, il manque fréquemment les ressources nécessaires. ­L’application du droit de l’environnement exige du temps et du savoir-faire, donc du personnel spécialisé, ce qui a un prix. Or, même les meilleures lois sont vaines sans la volonté politique de les mettre en œuvre et de doter les autorités des moyens ap­propriés. 
Faire mieux respecter la législation existante est une chose. Une autre est d’adapter et d’étendre régulièrement le droit de l’environnement en fonction des connaissances les plus récentes. Nous le voyons actuellement, en Suisse, avec la nouvelle loi sur le CO2. Sans oublier, à l’échelle internationale, l’Accord de Paris sur le climat ou la moins connue Convention de Minamata sur le mercure. Certaines ­initiatives prennent une voie bien différente, pour faire de la nature elle-même la plaignante. Vous découvrirez ici comment le Rhin ou le glacier d’Aletsch pourraient intenter un procès. 

Katharina Wehrli
rédactrice en cheffe
Articles sur le thème

Un bilan mitigé

L’initiative de Rothenthurm a ancré la pro­tection des marais dans la Constitution en 1987. Elle marque une étape importante dans la législation helvétique sur la protection de la nature et de l’environnement. Comment la jurisprudence a-t-elle évolué depuis lors? En jetant un coup d’œil dans le passé avec l’avocat ­Martin Pestalozzi, nous pouvons voir des succès majeurs, mais aussi tout ce qui reste à accomplir.

09.12.2020 par Florian Wüstholz

« Nous scions la branche sur laquelle nous vivons »

En Suisse, des biotopes précieux comme des haies et des murs en pierres sèches disparaissent continuellement, alors qu’ils sont indispensables à la biodiversité et protégés par la loi. Barbara Fierz, responsable de Pro Natura Glaris, montre ce qui se passe dans son canton pour expliquer ce déclin.

09.12.2020 par Esther Banz

«Les ressources font défaut pour appliquer la loi»

Malgré les lois existantes sur la protection de l’environnement, on continue de voir s’em­poisonner l’eau, le sol et les insectes, ou dis­paraître des biotopes précieux. Le droit suisse de l’environnement est-il efficace? Entretien avec Cordelia Bähr, avocate.

09.12.2020 par Esther Banz

Et si la Nature pouvait se défendre

Les êtres humains et les entreprises ne devraient plus être les seuls à pouvoir aller au tribunal, mais également le loup, le glacier d’Aletsch ou encore le Rhin. Voilà ce que demandent des activistes et des philosophes de l’environnement. Incompatible avec notre système juridique, estime le Conseil fédéral.

09.12.2020 par Fabio Peter & Karel Ziehli

Pourquoi seuls les êtres humains auraient-ils des droits ?

La crise climatique et l’extinction des espèces encouragent activistes du climat et écologistes à doter la nature de ses propres droits. Cette idée, le juriste et philosophe Christopher D. Stone l’a formulée pour la première fois en 1972.

09.12.2020 par Roland Fischer
en ligne uniquement

L’écocide devant la justice?

Des voix s’élèvent tout autour de la planète pour reclamer la reconnaissance par la Cour pénale internationale du crime d’écocide. Derrière cette notion juridique encore floue se cache un enjeu de taille: juger les responsables de la destruction massive des écosystèmes à l’échelle mondiale. Est-ce la bonne voie?

09.12.2020 par Muriel Raemy

Succès contre le «vif-argent»

La Convention sur le mercure est entrée en vigueur il y a trois ans. Bien qu’imparfait, cet accord international est une première étape essentielle vers la protection de l’humanité et de l’environnement contre ce métal lourd hautement toxique. La convention a aussi servi de modèle à l’Accord de Paris sur le climat.

09.12.2020 par Stefan Boss

«Nous n’en sommes pas aussi loin dans les négociations sur le climat»

Franz Perrez a chapeauté les négociations pour la Convention de Minamata et il dirige aussi la délégation suisse dans les discussions sur le climat à l’ONU. Il nous parle des similitudes et différences entre la Convention sur le mercure et l’Accord de Paris sur le climat.

09.12.2020 par Stefan Boss

Il manque aux poissons un lobby puissant

Malgré la loi fédérale sur la protection des eaux, les cantons en font trop peu pour revitaliser ruisseaux et rivières. La Confédération manque de personnel... et de moyens de pression.

09.12.2020 par Daniel Bütler

« Notre plainte pourrait changer le cours de l’Histoire »

Rosmarie Wydler-Wälti est ­coprésidente de l’association Aînées pour la protection du climat, qui a lancé une action en justice pour exiger du Conseil fédéral une politique climatique plus stricte. Déboutées en Suisse, les plaignantes s’adressent maintenant à la Cour européenne des droits de l’Homme, à Strasbourg.

09.12.2020 par Katharina Wehrli

Savoir, c’est pouvoir agir


Article de la BAS

Pour qui veut garder une vue d’ensemble des lois et conventions internationales en matière de protection de l’environnement, ­l’association Zoï Environment Network représente une alliée précieuse. Elle est avant tout un réservoir d’informations sur ­l’environnement, que son personnel analyse, interprète, puis ­communique à la sphère politique et à la société.

09.12.2020 par Esther Banz

Une année plus ou moins chocolatée


Article de la BAS

La jeune chocolaterie Choba Choba est soutenue par la Banque Alternative Suisse (BAS) ­depuis ses débuts, via l’association Fonds d’innovation. Elle a vécu une année mouvementée, où les défis liés à la pandémie sont allés de pair avec une flambée des prix.

09.12.2020 par Esther Banz